Expenses de consultant : ils ont fait péter la banque
A la fin de chaque mois, les consultants rassemblent leur notes de frais pour se les faire rembourser. Jusqu’ici rien d’anormal. En effet, les consultants sont potentiellemnt souvent en déplacement, ce qui occasionne des frais (transports, hotels, restaurants ou autres). Selon les politiques de chaque cabinet et en fonction du client ou de l’associée responsable de la mission, la tolérance aux frais est plus ou moins grande. Mais les dérives peuvent vite arriver. J’ai connu dans le genre une situation assez extraordinaire. J’étais sur une très grosse mission en Angleterre près de Heathrow.Un nombre important de consultants travaillait sur cette misison. Aussi, afin d’éviter une gestion lourde des notes de frais, le cabinet avait eu l’idée d’ouvrir un compte dans le restaurant, ou plus exactement, dans le bouge où les consultants avaient l’habitude de se retrouver pour manger. Pratique pour les consultants, plus d’argent à avancer, juste à demander à mettre la note sur le compte du cabinet, plus de frais à justifer, plus d’expenses à saisir et quelle aubaine pour ce restaurateur. Au début, les consultants consommaient de la même façon qu’avant la mise en place de ce système. Puis assez rapidement, se rendant compte qu’il n’y aurait pas de contrôle puisque l’ensemble des commandes étaient indifférenciées, ils commencèrent à prendre quelques extras. Un jus d’orange par ci, un jus de pomme par là . Puis les quantités augmentèrent, 2-3 jus d’oranges pour certains des bières pour d’autres. Le restaurateur voyant le bon filon, se dit que vu que les consultants n’avaient pas à sortir l’argent de leur poche, il fallait qu’il leur vende les plats plus chers. Il decida donc de monter en gamme, et se mit à faire des menus spéciaux, qui devinrent rapidement le choix de prédilection. Les tarifs augmentèrent aussi. En paralelle, les consultants continuaient à monter crescendo. Ce furent binetôt des digestifs pour certains. Le ponpon fut bientôt atteint. Certains prenaient leur petits déjeuners le matin dans ce restaurant, puis, commandaient auprès du restaurateur, toujours sur la note du cabinet, leur diner du soir qu’ils emportaient en quittant le travail. Bien sûr, au vu de tels excès, le cabinet se dut de réagir. Rapidement un système de forfait fut mis en place. C’en était fini du faste. Facétie du temps, se fut aussi à ce moment que la bulle d’internet se mit à éclater. Cette fabuleuse, faste et exubérante période touchait à sa fin. L’année 2000 marquait la fin d’une période inégalée de croissance exponentielle des cours de bourse de toutes les sociétés qui touchaient de près ou de loin à l’internet, à une période ou le candidat faisait la loi face au recruteur qui se pliait en 4 pour combler et attirer les talents. C’était une période où les cabinets pouvaient se permettre de refuser des clients pas assez rentables ou avec des sujets pas assez intérressant. Le champagne coulait à flots dans les cabinets… La douche fut froide et le réveil douloureux, comme s’annonce l’année 2009.